mardi 28 novembre 2006

Le Comptoir toujours en lutte !

Près de dix jours après la réunion d'information au Comptoir, le 20 novembre et qui a rassemblé plus de 250 personnes (adhérents, structures, tutelles, journalistes...), les actions pour le maintien du Comptoir continuent !
Les structures qui constituent l'Union des Résidents du Comptoir sont en train de contacter les différentes tutelles afin qu'elles se positionnent clairement sur l'avenir du lieu. Un groupe de travail se constitue petit à petit afin de mettre en place un projet d'ensemble du Comptoir.
Une grande réunion publique va avoir lieu très prochainement qui rassemblera chacun des réseaux des résidents : un grand moment festif sera organisé dont la date sera communiquée très vite. Nous comptons donc sur votre présence à tous ce jour-là pour soutenir le Comptoir et faire que perdurent le site, ses résidents et leurs actions !
En attendant, n'hésitez pas à nous faire part de votre soutien, de vos commentaires et de vos idées sur le blog.
Des pétitions pour le Comptoir circulent depuis plus de deux semaines et rassemblent déjà plusieurs centaines de personnes. Si vous en désirez des exemplaires, n'hésitez pas à en formuler la demande auprès du blog.
À très bientôt et que vive le Comptoir !

vendredi 24 novembre 2006

Un nouvel espace de mobilisation pour le comptoir

Tous les moyens sont bons pour sauver le comptoir!

Après la mobilisation importante du lundi 20 novembre et les nombreuses propositions de soutien, nous avons décidé avec le collectif de créer un blog qui permettra de vous tenir informé des dernières news du comptoir, de l'avancée des rencontres avec les élus, des actions à venir.
Pour nous, cela nous donnera l'occasion, au travers des messages postés, de recueillir vos avis et propositions, elles seront les bienvenues...

Un blog pour que vive le comptoir...
A vos claviers...

Sam KHEBIZI
Président de l'union des résidents du comptoir

lundi 20 novembre 2006

Intervention de Yves Fravega le lundi 20 novembre 2006

Vous le savez, les associations du Comptoir Toussaint/Victorine ont créé un lieu pluridisciplinaire de rencontres et de création, un lieu de travail et de rencontre pour les artistes, un lieu de rencontre avec la population.

On y trouve un studio de danse, un studio multimédia, des locaux de répétition pour le théâtre et pour la musique.
On y trouve un studio d’enregistrement, un atelier de façonnage, un atelier de construction, un atelier d’arts visuels, un studio de montage vidéo, et bien d’autres choses…

Vous le savez, ces associations réalisent au Comptoir des créations de dimension nationale et internationale. Elles y organisent des présentations de travaux en cours et collaborent aux événements festifs et culturels du quartier.
Cette année, environ 25 000 visiteurs/spectateurs ont assisté aux productions des associations du Comptoir Toussaint/Victorine, qui ont eu lieu sur place, dans le quartier, à Marseille, en France et même à l’étranger.

Vous le savez, l’autre vocation des différents équipements du Comptoir Toussaint/Victorine, est d’accueillir d’autres artistes, d’autres structures, pour des répétitions, des résidences, des présentations de spectacles, pour du montage, du mixage, des enregistrements ou pour la construction de décors….

Vous le savez, les structures du Comptoir Toussaint/Victorine proposent de très nombreuses activités artistiques et culturelle en direction des habitants, sous forme d’ateliers, de stages, d’actions de pratique artistique et de créations associant artistes professionnels et amateurs.
On y fait de la danse, du chant, du théâtre, des percussions, on y est initié à la création sonore et la création plastique, …
Tout cela pour les enfants, pour les adolescents et pour les adultes

Aujourd’hui ces activités concernent environ 450 adhérents, originaires essentiellement de St Mauront, de la Belle de Mai.

Le Comptoir Toussaint/Victorine est un lieu de passage, de rencontre, de vie et de respiration pour le quartier.
Le Comptoir Toussaint/Victorine, est aussi la première fabrique d’allumettes de Marseille. C’est un lieu qui a à la fois une histoire et un présent. Bien sur, on n’y fabrique plus des allumettes mais on y contribue a fabriqué l’identité du quartier.

Le patrimoine c’est le vivant, c’est la vie, c’est la vie d’un quartier.
La culture ne peut pas être seulement installée dans des réserves : dans des Centres Dramatiques Nationaux, des Opéras ou des Musées.
En venant au Comptoir, ceux qui ne vont jamais au théâtre, au musée, au music-hall ou à l’opéra y vont sans le savoir et c’est ça qui est important..

S’implanter sur un quartier, y développer des ateliers, créer un lien avec la population ne s’improvise pas. Cela demande de l’opiniâtreté, une détermination sans faille et du temps.

Nous ne sommes pas ici par défaut. Ce sont des choix de vie que nous avons fait.
Si nous sommes ici ce n’est pas parce que nous n’avons pas réussi à être sur la Canebière ou le Vieux Port.
Si nous sommes ici c’est parce que nous ne souhaitions pas entrer dans des structures institutionnelles et pas parce que nous ne sommes pas arrivés à entrer dans ces institutions.

Bien sûr, certains d’entre-nous n’ont pas particulièrement choisi ce quartier.
En fait c’est le quartier qui nous a choisi et nous avons petit à petit découvert que les meilleures conditions pour élaborer nos projets artistiques et culturels étaient ici, que le lien établi avec la population était essentiel à leur réalisation.

Au delà de tout ce qui se dit sur notre travail de sensibilisation et sur l’importance du lien social dans les quartiers, la légitimité de nos existences ne doit pas être une légitimité limité, comme sont limités les droits des pauvres ou des minorités.
Une légitimité secondaire qui justifierait notre disparition en cas de changement de programme, d’insuffisance de moyens ou de spéculation immobilière.
Ce ne sont pas les Centres Dramatiques, les Centres Chorégraphiques, les Opéras qui occupent le terrain, c’est nous. Nous les artistes de proximité. Nous sommes le vivant, l’actif, le moderne

Ce n’est pas le style ou la forme qui compte. Nous ne nous laissons pas abuser par le pseudo intellectualisme ou le pseudo populisme dominant. Nous sommes tous savants dans nos spécialités, nous sommes tous des intellectuels.
Ce n’est pas le genre qui fait l’intérêt mais l’authenticité de l’engagement. Ce sont nos capacités à exciter la curiosité, à transmettre le goût, à donner du plaisir, à faire partager des rêves.

Si nous avons appris a être modeste et sommes fiers de l’être, nous ne consentirons jamais à être traités comme des misérables et expulsés comme des inutiles. Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur à la richesse.

Nous proposons nos savoir-faire et notre imaginaire, nous mettons à disposition notre fantaisie. Nous sommes une alternative, un poumon.
Nous proposons aussi une idée de la vie qui n’est pas celle des victimes de leur sort.

Le destin du Comptoir ne peut pas rester entre les mains de spéculateurs immobiliers.
Laisser disparaître le Comptoir, c’est le considérer superflus pour les habitants du quartier.
Laisser disparaître le Comptoir c’est participer à l’anéantissement d’années de travail des structures de création, de production et d’animation qui y ont élu domicile.
C’est nier l’évidence de la valeur sociale et artistique de ce que tous ont accompli jusqu’à aujourd’hui sur les quartiers de la Belle de Mai et de St Mauront.

Alors aujourd’hui, oublions qu’on souhaiterait nous voir partir, et commençons par rêver à tout ce qu’on va faire ensemble en restant ici !

Que peut devenir encore le Comptoir Toussaint/Victorine ? Comment peut se développer son action quotidienne sur le quartier ?
Quel usage pourrait en être fait au quotidien pour et par les habitants du quartier ?

A partir de ce qui existe nous pouvons bâtir un projet, faire de ce site le cœur du quartier.
Un projet qui fasse rêver, qui associe dans un même espace : artistes, artisans, animateurs et travailleurs sociaux, un espace ouvert et de proximité.
Ici pourrait exister, une maison pour tous, un centre social, un jardin, un restaurant associatif, des résidences d’artistes…
Ici pourrait venir s’installer de nouvelles structures artistiques, de nouveaux artisans.
Nous lançons ces pistes pour d’autres. Ce n’est pas notre vocation de nous en occuper, mais il est de l’avis de tous que c’est une nécessité que ce lieu existe pour les gens du quartier comme pour ceux qui l’occupent.
Et nous sommes convaincus que tout cela ne pourra se réaliser sans que toutes les volontés et les expériences y collaborent.

Aujourd’hui, nous nous demandons pourquoi nous devons encore faire valoir l’importance de nos existences sur les quartiers de St Mauront et de la Belle de Mai.
Nous pensons nos projets pour le bout du monde et pour la rue d’à côté.
Nous fréquentons les artistes les plus rares et les plus improbables de la même façon que les gens du quartier.
Nous ne sommes plus des lieux expérimentaux, nous sommes des lieux essentiels !
Nous portons un nom qui existe déjà : Nous sommes les nouveaux territoires de l’Art et nous méritons le respect !

Quelques images de la mobilisation du 20 novembre

Des élus représentés en nombre


Des habitants et associations nombreux à s'être mobilisés...


Les banderoles, c'est tout un art


Des interventions à la tribune fortement appréciées...

Intervention de Sam KHEBIZI LE 20 novembre 2006

Le comptoir est en danger ! Depuis plusieurs semaines déjà, grâce à la mobilisation des résidents, des informations circulent sur la mise en vente du site sans concertation préalable avec la SCI Planchon & Bourguet, propriétaire actuel. Les collectifs s’organisent, les médias relayent l’info, les élus tendent l’oreille.

Mais qu’est-ce que ce qui se cache derrière cette interpellation : Le comptoir est en danger ? Qui exactement est en danger ? En danger de quoi ? Les habitants sont-ils concernés ou uniquement les locataires ? Quel impact pour le quartier ? Où en est-on exactement ? Qu’est-il encore possible de faire ?

Petit mémento :

Le comptoir toussaint ste-victorine est présent dans le quartier depuis la moitié du 19ème siècle. D’abord usine d’allumettes puis comptoir à épices dans les années 1880 jusqu’à la seconde guerre mondiale, le site a été pour le quartier un lieu important d’activité économique. Puis vint le temps des friches industrielles jusqu’aux années 1980 qui a été marqué par l’arrivée progressive d’artisans qui ont occupé les rez-de-chaussée. Dans les années 90, ce sont des artistes qui commencent à occuper de façon précaire des locaux en bien mauvais état. J’en faisais partie. Début 2000, le début des années folles ! Le foncier pèse de plus en plus lourd, pour les propriétaires comme pour les locataires ! Il y a trop d’espace non occupés, trop de travaux à engager, des propriétaires vieillissants et des héritiers nombreux et pressants. Une solution gagnant-gagnant est alors trouvée : permettre à des structures culturelles de s’implanter dans les nombreux espaces vacants contre un loyer raisonnable, à charge à chacun de réaliser les travaux nécessaire dans chaque espace. Les investissements ont été colossaux : fonds privés ou fonds publics, tout le monde a joué le jeu. Les connexions avec le quartier sont rapides et naturelles et chacun avec ses spécificités, engage une action de fond sur le territoire.
Aujourd’hui le comptoir c’est 13 structures culturelles, socio-culturelles et commerciales, 40 emplois permanents et 160 vacataires et intermittents. Près de 4, 5 millions d’euros d’activité cumulée.

Pour quel résultat ! Pour apprendre quelques années plus tard que le site était sacrifié sur l’hôtel de la spéculation immobilière ! Sans avertissement, sans concertation, sans tenir compte des engagements pris, sans tenir compte de l’impact négatif qu’entrainera inexorablement la destruction du site sur le quartier.

Oui, le bâtiment appartient au privé ! Oui, juridiquement le site peut être vendu sans autre forme de procès ! Oui, mais cela ne marche que sur le papier !


Dans la réalité, du moins celle que nous vivons, il y a une vie, il a des gens ! Il y a une économie, il y a des emplois ! Il y a un passé, il y a des projets !

Oui nous défendons un projet original, oui nous avons un impact social, économique et culturel sur le quartier. Mais pas seulement, nos activités s’étende dans la ville, dans le département, dans la région, au national et à l’international. Et se sont bien ces expériences d’ailleurs que nous ré-injectons dans le quartier afin d’éviter de tourner en vase clos.

C’est aussi pour ces raisons que l’ensemble des collectivités publiques sont concernés par notre devenir. Les élus qui nous représente, quel que soit leur couleur politique ou leur mandat doivent s’emparer de ce dossier.
La ville au premier chef qui a seule la capacité d’user de son droit de préemption.

Comment d’ailleurs ne pas vous confier mon scepticisme quand au volontarisme de la ville à préempter. Il me parait difficilement imaginable qu’un site aussi important n’ai pas fait l’objet d’une négociation préalable entre le promoteur Kaufmann et Broad et la ville.
Comment ne pas souligner, non plus, le paradoxe existant entre la volonté de faire de Marseille la prochaine Capitale Européenne de la culture quand on sait à quel point les espaces culturels sont menacés. L’usine Corot très récemment, la caserne Mirabeau, la Minoterie hors les murs pendant quelques années, le système Friche Théâtre connaissant des difficultés croissante, le toursky connaissant des difficultés récurrentes.
Ma vision est probablement négative, je n’attends qu’à être rassuré !

Je suis du genre pragmatique et j’attends de la ville un discours clair, rapide, sans langue de bois ni fausse espérances quand à son positionnement sur sa volonté de préempter. Si il a des pistes quels sont-elles ? Si il y a des conditions, quelles sont-elles ? Qui sont nos interlocuteurs et dans quel calendrier pouvons nous avancer ? Il faut aller vite !

Mais la ville n’est pas la seule concernée ! Les collectivités territoriales viennent ensuite car dans un contexte budgétaire défavorable l’intervention financière d’une seule collectivité est peu réaliste. Et il serait nécessaire de mettre en pratique leurs politique volontariste en matière de culture, d’emploi et d’insertion. L’état enfin car le quartier fait partie des zones urbaines sensibles et qu’il a besoin d’un soutien appuyé et conjoint du ministère de la ville et de l’égalité des chances ainsi que de la culture.

Une table ronde n’est jamais facile, elle n’en est pas moins impérative et nécessite du temps. Temps qui nous manque !

Nous avons donc besoin du courage politique de nos élus et de leur détermination à intervenir pour sauver un espace structurant dans le quartier et dans la ville en dehors de tout conflit d’intérêt. Ce serait messieurs, mesdames, une belle leçon que vous offririez à nos concitoyens.

Le président de l'union des résidents du comptoir

lundi 13 novembre 2006

Intervention de M. le Député Frédéric Dutoit au Conseil Municipal de Marseille sur le devenir du Comptoir dans le 3è arrondissement de Marseille

Frédéric Dutoit_Député des Bouches du Rhône_Maire du 8ème secteur de Marseille

Monsieur le maire, chers collègues,
La requalification urbaine des quartiers Belle de Mai et Saint Mauront est un enjeu majeur pour Marseille. Les nombreuses parcelles appartenant au Ministère de la Défense constitueront, pour la Ville de Marseille, une réserve foncière publique conséquente. Cette donne est essentielle dans un quartier où les équipements publics et les espaces verts font cruellement défaut. Je serai donc attentif à ce que cette étude préconise une opération publique de grande envergure et de qualité, privilégiant les besoins des habitants du secteur. Dans cet esprit, il sera impératif de travailler avec les forces vives du territoire que sont les habitants et la Mairie de Secteur.
J’insiste sur ce point Monsieur le Maire. Reconstruire la ville sur la ville ne peut se faire qu’avec la population. Celle ci n’est d’ailleurs pas, à ma connaissance, favorable à la cession par la Ville du Jardin de la Maternité, seul espace vert du quartier Belle de Mai, où seront construits des logements étudiants ainsi qu’une copropriété de 133 logements. De même, je ne peux passer sous silence les graves menaces qui pèsent sur le devenir du Comptoir, précisément installé au cœur de ces deux quartiers populaires.
La vente envisagée à un promoteur immobilier des anciens bâtiments industriels de la rue Sainte Victorine et de la rue Toussaint soulève bien des inquiétudes. Inquiétudes chez les résidents du Comptoir - il réunit 13 structures, des associations culturelles et des entreprises commerciales, qui accueillent 200 salariés dont plus de 40 permanents. Inquiétudes chez les habitants et les présidents des comités d’intérêt de quartier également. Des inquiétudes, des colères que je partage avec mon amie Lisette NARDUCCI.
Le Comptoir, que j’ai personnellement visité, est un espace de vie, un vrai patrimoine vivant. Un lieu pluridisciplinaire et de création ouvert sur les quartiers environnants, fréquenté par les enfants des écoles, par des mères de famille et, ne l’oublions pas, par des jeunes souvent à la recherche d’écoute. Son devenir est aussi un enjeu économique avec un chiffre d’affaires cumulé de plus de 4,3 millions d’euros.
Le Comptoir, c’est un vrai pôle d’activité en devenir, qu’il convient de conforter et non de rayer de la carte. Des espaces inoccupés à ce jour - près de 2000 m_ - sont par ailleurs disponibles pour y abriter de nouvelles structures de création, des artistes et des artisans, des équipements socioculturels de proximité.
Dans ces quartiers qui ont trop souvent été oubliés par la puissance publique, il est essentiel d’avoir une vision d’ensemble, une approche de son développement cohérente, globale et durable. A mes yeux, il est impensable de construire des immeubles sans réfléchir aux infrastructures indispensables à l’accueil de ces nouveaux habitants comme au bien-être des habitants plus anciens. Il y a des retards à combler prioritairement. Et, dans l’intérêt général, une politique équilibrée à définir et à mettre en œuvre avec diligence afin de rendre plus pertinente les interventions croisées des partenaires publics et privés.
Dans ce contexte, le maintien sur place du Comptoir et de toutes ses activités est une urgence. Il contribuera ainsi directement au sérieux du projet de requalification de ces quartiers sur lequel le Conseil municipal se penche à nouveau aujourd’hui. Aussi, je vous invite, monsieur le maire, chers collègues, à user du droit de préemption de la Ville pour sauver le Comptoir et encourager activement son rayonnement.
Candidate au titre de capitale européenne de la culture, Marseille doit abattre tous ses atouts. Tout particulièrement la richesse de cette culture de qualité et de proximité que défendent avec une belle opiniâtreté les résidents du Comptoir. C’est une belle carte à jouer, un complément idéal à l’essor de la Friche de la Belle de Mai.
Frédéric Dutoit

A l’issue de cette intervention, le maire de Marseille, Jean-Claude GAUDIN, s’est engagé à examiner la proposition avancée par Frédéric DUTOIT avec son adjoint délégué à l’urbanisme, Claude VALETTE.

13 novembre 2006

vendredi 10 novembre 2006

LE COMPTOIR VENDU : peut-on imaginer la disparition de 200 emplois salariés à St Mauront/Belle de Mai ? La Ville de Marseille peut préempter

C’est officiel : les 6 3OOm2 de locaux (4 400m2 occupés et 1 900m2 libres) situés 29/33 rue Toussaint et 10 rue Ste Victorine dans le 3ème arrondissement de Marseille sont en instance de vente au promoteur immobilier Kaufman&Broad.

Le Comptoir réunit 13 structures, à la fois des associations culturelles et des entreprises commerciales, qui louent les différents espaces de cette friche industrielle à la SCI familiale Planchon Bourguet (actuel propriétaire).
Seulement occupé par une poignée d’entreprises dans les années 80, le Comptoir fait l’objet depuis le milieu des années 90 d’une politique d’installation de structures associatives, en accord avec le propriétaire et les pouvoirs publics, afin de relancer l’activité sur le site et plus largement dans le quartier St Mauront, classé en Zone Urbaine Sensible.

Ces structures sont une véritable force économique.
Elles emploient près de 200 salariés, plus de 40 permanents et plus de 150 intermittents ou vacataires, pour un chiffre d’affaires cumulé de plus de 4 300 000 euros. Elles font vivre le quartier et ses commerces, elles ont établi de vraies collaborations avec les habitants.
Une entreprise de près de 200 salariés peut-elle être liquidée pour construire des logements, dans un quartier où la concentration des populations pose déjà des problèmes d’accueil dans les écoles, de stationnement et de circulation et entraîne la disparition des commerces ?

Depuis 1996, les structures qui travaillent au Comptoir ont valorisé le lieu en effectuant des travaux d’aménagement, financés par des ressources propres, les collectivités locales et l’Etat, parfois en échange d’un dégrèvement de loyer consenti par le propriétaire. L’argent public doit-il être gaspillé ? Doit-il servir la plus-value immobilière privée ?

Les associations du Comptoir ont créé un lieu pluridisciplinaire de rencontres et de création, où l’on trouve un studio de danse, un studio multimédia, des locaux de répétition pour le théâtre et pour la musique, un studio d’enregistrement, un atelier de façonnage, des lieux d’échanges, de formation et de services, un atelier de construction, d’arts visuels, d’architecture et de design, un studio de montage vidéo…
Elles y produisent des créations de dimension nationale ou internationale, y organisent des expositions, des concerts, des spectacles et collaborent aux événements festifs du quartier. En 2006, environ 250 000 visiteurs/spectateurs ont assisté aux productions des associations du Comptoir, sur place, à Marseille ou ailleurs.
Les différents équipements du Comptoir accueillent également d’autres artistes pour des répétitions, des résidences, des présentations de spectacles ou de travaux en cours, pour du montage, du mixage, des enregistrements, pour la construction de décors….
La Ville de Marseille, qui prétend devenir Capitale Européenne de la Culture, va-t-elle accepter qu’on chasse ses artistes ?

Rapidement ancrées dans le quartier, les structures du Comptoir proposent de très nombreuses activités artistiques en direction des habitants, sous forme d’ateliers, de stages, d’actions de pratiques artistiques ou de participation à des projets associant artistes et amateurs : danse, chant, théâtre, chorales, création sonore, percussions… pour enfants, adolescents et adultes sont ainsi au programme.
En 2006, les associations comptent environ 450 adhérents, originaires de St Mauront, de la Belle de Mai, d’autres quartiers de Marseille et des environs.
Que feront demain les habitants de ces logements construits sans concertation, comme ceux prévus dans le parc de la Maternité de la Belle de Mai, seul espace vert du quartier ?

Le Comptoir, première fabrique d’allumettes de Marseille, exemple d’architecture industrielle de la fin du XIXème siècle, patrimoine vivant, doit-il disparaître ? La Ville de Marseille, qui prétend devenir Capitale Européenne de la Culture, va-t-elle détruire son passé architectural ?

Le travail des structures du Comptoir est inscrit dans la durée.
L’avenir se dessine autour de l’implantation sur le site d’autres structures de création, d’artistes et d’artisans, de la conception d’un centre socio-artistique dont l’ensemble des résidents du Comptoir serait partenaire-ressource, de l’implantation d’une « maison d’hôte » et d’un restaurant de quartier…
Aujourd’hui, la vente du site à un promoteur immobilier compromet gravement cet avenir.


SOUTENEZ L’UNION DES RESIDENTS DU COMPTOIR

L’Union des Résidents du Comptoir

Le CIQ Belle de Mai

Le CIQ St Mauront

La Confédération Syndicale des Familles

Le collectif Objectif Logement

Le collectif Les Femmes du Quartier d’Ici

jeudi 9 novembre 2006

Boulegue Production

Boulègue Production, association crée en 1993 a deux objectifs : la création, le développement, la production et la diffusion de spectacles de théâtre originaux, inédits et populaires; la volonté d’être présent culturellement au cœur de la cité phocéenne et rayonner au niveau national.
Depuis septembre 2001, la structure produit notamment le duo «Les Bonimenteurs». En tournée dans de nombreux théâtres et festivals en France, l’improvisation s’est imposée comme la spécialité artistique incontournable de leur prestation scénique : 138000 spectateurs, 680 représentations et 600 histoires improvisées à ce jour.
Boulègue Production produit également trois autres spectacles insolites au ton et à l’humour différent, depuis mars 2006 : «Dans l’œil du Couple», «Pleure pas Lolie» (deux spectacles Saison 13) et «Bienvenue au Club».
contact : 04 91 08 87 58

Kunga'Ka

Kunga’Ka vit au rythme de la percussion. Installée au Comptoir depuis 1996, l’association n’a cessé de promouvoir depuis sa création LES PERCUSSIONS dans leur plus prodigieuse diversité.
Autour de cours, de stages, d’animations, de créations musicales, de voyages et d’échanges culturels, de festivals… Kunga’Ka permet à tous, jeunes et moins jeunes, de découvrir les percussions, le rythme et la philosophie de ces instruments…..
L’association s’implique également dans les actions et projets culturels menés sur le territoire de St Mauront et de la Belle de Mai. Grâce aux ateliers de percussions menés au sein des écoles, CLSH et centres sociaux du quartier, Kunga’Ka permet aux jeunes d’accéder à une pratique artistique tout en véhiculant des valeurs de solidarité et de citoyenneté.
contact : 04 91 62 96 06

L'Art de Vivre/Les Pas Perdus

Les associations l’Art de Vivre (Yves Fravega, metteur en scène et Pascal Gobin, musicien) et Les Pas Perdus (Guy-André Lagesse, musicien et plasticien) occupent Le Comptoir de la Victorine depuis août 2000 et gèrent en commun cet équipement de production tourné vers l’expérimentation, l’innovation et les pratiques artistiques multiples. L’utilisation des espaces de travail et des outils est mutualisée. Le lieu est ouvert à d’autres artistes, ce qui favorise les rencontres auxquelles amateurs enthousiastes et habitants inventifs sont associés.
Les Pas Perdus sont engagés dans une pratique pluridisciplinaire alliant high tech et bricolage inspiré. Ils évoluent dans le champ des arts plastiques (arts visuels, vidéo, image numérique), de la création sonore (multimédia, lutherie électronique), de la scénographie et de la performance. Ils mènent de front des coopérations artistiques internationales et des actions avec les habitants du quartier.La nécessité de circuler d’un mode d’expression à l’autre, de passer du théâtre à la création sonore ou à la musique, caractérise l’Art de Vivre. En plus de ses spectacles présentés en France ou à l’étranger, la compagnie propose des ateliers ouverts à des «artistes d’occasion». Des productions collectives engageant les artistes et techniciens de l’Art de Vivre et les participants «non spécialistes» sont élaborées. L’Art de Vivre est ainsi à l’initiative d’ateliers vocaux (Les Chœurs du Comptoir) et instrumentaux (L’Harmonie Sainte Victorine) au Comptoir de la Victorine.
contact : L’Art de Vivre 04 91 64 31 04/ Les Pas Perdus 04 91 50 07 38

Les Tetes de l'Art

Association de Médiation Artistique qui a pour objet l’aide et la mise en place de projets artistiques et culturels auprès de porteurs de projets collectifs (centres sociaux, animateurs, établissements scolaires).
Lieu d’échanges, de formation et de services en direction des nombreux acteurs de l’action culturelle et socio-éducative, l’association intervient sur toute la région PACA avec une forte présence sur le centre-ville marseillais dans le cadre d’une mission Politique de la ville.
Après dix années d’activité, l’association a développé un réseau important de partenaires, d’adhérents et de bénéficiaires sur plus de 50 projets gérés par an pour plus de 2000 bénéficiaires.
contact : 04 91 50 77 61

Somefac

Ses capacités s’étendent sur plusieurs pôles tels que :
la publicité sur lieux de vente; le packaging; la sérigraphie traditionnelle; le rangement et archivage; la logistique; la reliure; la dorure à chaud …
Somefac sarl ça comm/ contact : 04 91 62 77 33

Compagnie Itinerrances

La compagnie de danse contemporaine ITINERRANCES a été créée en 1991 par la chorégraphe Christine Fricker. Depuis, une quinzaine de pièces chorégraphique a vu le jour qui tournent autant en France qu’à l’étranger. Installée au Comptoir depuis septembre 2002, ITINERRANCES veut faire de son studio de répétition, appelé le LIEU - outil de travail de la compagnie - un espace ouvert, où s’expriment différentes techniques et sensibilités et où se croisent différents publics, notamment lors de l’ouverture de saison, de répétitions publiques et de différents moments conviviaux tout au long de l’année. Les propositions s’adressent autant aux professionnels de la danse qu’aux habitants du quartier et d’ailleurs, à travers différents ateliers (enfants et adultes). Par ailleurs, ITINERRANCES participe aux manifestations organisées dans le quartier : Belle Fête de Mai (2004), Journée Nationale des Quartiers (2006), etc.

Zarma Films

Zarma films est un organisme à caractère artistique.
Ses interventions se situent à deux niveaux :
1) Production de films de fiction (cinéma, télévision);
2) Actions de communication pour les entreprises :
- réalisation de films
- création d’événements (théâtre en entreprise).

Actor's Sud

Formation professionnelle d'acteurs (théâtre et cinéma), théâtre contemporain, cinéma, techniques de la voix, techniques de cascade, partenariat avec l'Université d'Aubagne.

Dipzone Studio

Dipzone Studio est un plateau de 240 m2 dédié à la Photographie.
Patrice Berchery en est le responsable et intègre régulièrement des partenaires locaux pour la réalisation des projets du studio ; maquilleurs, stylistes, coiffeurs, décorateurs, graphistes, directeurs artistiques. Les partenaires économiques du textile dans la région Paca occupent régulièrement ce lieu pour la réalisation de leurs communications visuelles photo. Les agences de communication de la région viennent y réaliser leurs campagnes photos ; locales , régionales ou nationales.
Les écoles photos de la région dirigent leurs élèves sur ce site pour des stages de formation en fin de cycle d’études. Des projets d’expositions sortent de ce studio pour des manifestations culturelles locales (Fiesta des Suds).
Partenaire de l’Institut international de la Mode à Marseille.
contact : 04 91 08 74 16

P.A.D.

Productions Autrement Dit est une société de productions audiovisuelles et multimédias.